26 octobre 2010

Jun-Ling une enfance chinoise, Adeline Yen Mah

51lqBLV3VnLOrpheline de mère, Jun-Ling est le souffre-douleur de sa famille, Ses frères et sa sœur lui reprochent la mort de leur mère et son père la néglige. Soutenue par son grand-père, Ye Ye, et sa tante Baba, Jun-Ling apprend à avoir confiance en elle et à partager leur amour des lettres. Elle y puisera la force de prendre son envol... A travers le récit autobiographique de son enfance, Adeline Yen-Mah nous fait partager une histoire bouleversante et nous offre un trésor d'espoir.

 

 

Encore un roman très intéressant sur la vie chinoise comme je les aime. Autobiographie. Une cendrillon chinoise. Toujours aussi révoltant sur la condition de la femme chinoise. Mieux qu’en Inde mais tout aussi pire.

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11 octobre 2010

Voyage à Pitchipoï, Moscovici

31VRV_T30eLVoyage à Pitchipoï raconte la tragédie d'une famille juive, en France, pendant la guerre. En 1942, l'auteur de ce livre avait six ans. Sa famille fut arrêtée, par des gendarmes allemands et français, et déportée. Le narrateur et sa petite soeur furent d'abord confiés à des voisins jusqu'à ce que le maire du village fasse appliquer la décision du capitaine SS, Commandeur de la région et responsable des mesures de répression antisémite : " L'accueil d'enfants juifs dans des familles françaises est indésirable et ne sera autorisé en aucun cas. " Les deux enfants furent alors enfermés dans une prison, puis transférés au camp de Drancy, où la petite fille tomba malade par malnutrition. Sortis miraculeusement du camp, ils retrouvèrent quelques mois plus tard leur mère qui avait réussi à s'échapper lors de son arrestation et n'avait pas été reprise, malgré les portes qui s'étaient souvent fermées lorsqu'elle avait demandé de l'aide. Après des mois de vie clandestine, à la Libération, ils revinrent dans leur maison vide et abandonnée. Ils ne devaient jamais revoir leur père.

 

 

L’auteur, enfant juif en 1940, raconte la déportation de son père, ses oncles, grands-parents, la fuite de sa mère et les survivants. Il raconte aussi comment il a vécu la guerre avec sa petite-sœur.

 

 

 

J’ai trouvé le ton de l’auteur détaché. Il ne raconte rien de particulier, tout est distance. Il aurait pu rentrer « plus dans les détails » même s’il voit la scène avec des yeux d’enfant. Ça reste un témoignage comme il y en a d’autres.

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23 juillet 2010

Mémoires d'une catin, Petrizzo

51WvTSJzzoLEt si la belle Hélène racontait elle-même son histoire... Hélène de Troie, ou l'archétype de toutes les femmes, qui, depuis des millénaires, ont choisi de suivre les élans de leur coeur plutôt que les exigences de la raison d'Etat. Prisonnière de sa propre beauté - et des ambitions politiques de son père - Hélène tente néanmoins d'assouvir sa soif d'amour. Mais le Destin en décide autrement, et décrète qu'on la considérera à jamais comme une femme infidèle et traîtresse. Une catin...

Des romans sur Hélène et Troie j'en ai lu mais jamais encore Hélène n'avait été perçue comme une catin. En même temps quand on y réfléchit, ce n'est pas faux. Elle est quand même avec Achille, Ménélas, Pâris et Hector!

J'ai bien aimé le style d'écriture de l'auteure. L'histoire est déjà écrite, il n'y a donc pas de suspens mais j'ai bien aimé voir le déroulement de l'histoire par les yeux d'Hélène. A aucun moment, Achille ou Hector ou encore Pâris nous sont montrés comme des héros. Ils sont humains.

Un beau premier roman pour cette jeune auteure de 19 ans!

Si vous voulez continuer votre lecture, je vous recommande chaudement la guerre de Troie n'aura pas lieu de Giraudoux.

Merci à Camille et Michel Lafon.

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10 avril 2010

Un monde sans fin, Ken Follett

41DjuPUhc7LCe livre est un monument de 1400 pages. Alors vous racontez ce qui s'y passe, je n'ai pas fini! Je vais essayer de faire simple et surtout de vous donner l'envie et le courage d'ouvrir ce livre et de le lire.

L'histoire commence en 1327 et se poursuivra pendant plusieurs années en faisant grandir, vieillir ses personnages. A Kingsbridge, il y a les chevaliers et le pouvoir, le prieuré avec les moines et les soeurs qui s'opposent, et les villageois.

Merthin est en apprentissage pour devenir charpentier alors que son frère est désigné pour devenir chevalier. Tout les oppose: Merthin, gentil et aimé de tous et de sa promise Caris; et Ralph spontané, arrogant, mesquin et méchant.

Caris est une jeune fille qui ne veut pas appartenir à un homme et veut aider les autres avec l'aide des plantes. Si bien qu'elle sera accusée de sorcellerie. Elle n'aura qu'une seule solution pour y échapper: s'éloigner de Merthin...

Dans le village d'à côté, vit Gwenda, une jeune femme éprise de Wulfric qui est fiancé à Annet. Mais le garçon a cassé le nez de Ralph qui s'est montré un peu trop intime avec la belle. Cela va lui valoir des ennuis toute sa vie. Mais Gwenda est là pour l'aider quitte à demander de l'aide auprès de Ralph.

Au fil des années l'histoire évolue, prend d'autres tours avec l'apparition de la guerre, de la famine et de la peste...

Je devais au départ lire ce livre dans le cadre d'une opération éclair avec le livre de poche. Mais j'ai reçu ce livre fin janvier et la date étant dépassée, j'ai donc pris mon temps (1400 pages tout de même, autant les apprécier!). Ce roman est vraiment l'œuvre de toute une vie pour nos personnages: on grandit, on évolue, on suit leurs malheurs mais aussi leurs bonheur avec angoisse et joie.

Un monde sans fin fait suite aux Piliers de la Terre mais se lit tout à fait indépendamment. La suite sort fin de l'année!

Ken Follett prend son temps pour tout décrire, il va en profondeur, rien ne lui échappe.

Plus on avançait dans l'histoire et les années, moins j'aimais Caris qui se refuse à Merthin. Et ce Ralph autant il est insupportable, autant à la fin
-Spoiler-
quand son fils le tue, j'ai eu de la peine. -
FinSpoiler-

Le personnage de Philémon aurait pu être plus développé, pourquoi cette haine envers Caris. L'histoire au fil des pages se centre beaucoup plus sur Caris et Merthin, et on oublie un peu Gwenda qui du coup mène une vie plus ou moins paisible pendant quelques années. Je trouve que Caris a des idées très modernes, très féministes pour le Moyen-Age. Ce n'est pas comme ça que j'imagine cette époque (oui bon en même temps, je l'imagine sale, malpropre etc style les Visiteurs!).

Cette oeuvre romanesque n'a qu'un seul défaut: ses nombreuses pages m'ont empêchées de le dévorer en une fois! Il aurait pu contenir quelques centaines de pages en moins sans problème.

Merci à Thomas et au Livre de Poche

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01 avril 2010

Le journal d'adèle, Bouchet

51pn_B7ljiL1914, Adèle qui a reçu un journal intime à Noël commence à écrire. Elle va y raconter son quotidien, d'abord celui d'une enfant de 14 ans qui veut aller à l'école, puis ceux qu'on raconte sur la guerre et enfin la guerre quand elle éclate. Comment Adèle la perçoit, comment la guerre a pu changer une petite fille en 4 ans.

J'ai été étonnée quand j'ai commencé ma lecture. Dans mon esprit, je pensais que ça se passait pendant la seconde Guerre Mondiale et en fait non, ça se passe en 1914.

J'ai lu le livre dans le bus donc je me suis concentrée pour ne pas être trop émue! J'ai trouvé "dommage" que ça ne soit pas autobiographique, ça aurait été plus poignant mais c'est beaucoup mieux que ça ne le soit pas en même temps!

En arrière-plan, on a la guerre, les morts, les mutilés, une infime vision de la guerre. On a plus le détail de la vie civile. La vie d'Adèle, ses sentiments et sa famille qu'elle voit décimée. Les femmes au champs, les hommes à la guerre même les jeunes chiens doivent aller en première ligne. Les esclaves noirs envoyés avant les blancs. ça reste un livre pour enfant.

 
 

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20 mars 2010

La joueuse de Go, Sa Shan

51Q1PFZ8RGL__SS500_1937. Alors que la Mandchourie est occupée par l'armée japonaise, une lycéenne de seize ans semble ignorer tranquillement la guerre, les cruautés, les privations. Mélancolique, seule, l'adolescente joue au go.

D'où tient-elle cette maîtrise ? Place des Mille Vents, la lycéenne s'amuse à mentir. Ses mains déplacent les pions sans jamais se tromper, les joueurs s'assoient en face d'elle à une table gravée en damier et la défient. Le go est une esquive.

Est-elle amoureuse de Min ou de Jing ? Sait-elle qu'ils aident tous deux à la résistance contre les japonais ? Entre les bras duquel des deux perd-elle une virginité fiévreuse ?

Elle ignore encore son adversaire de demain : un officier japonais, à peine plus âgé qu'elle, un samouraï de métal, sanglé dans le sacrifice nécessaire à la Patrie impérialiste qu'il défend.

Prix Goncourt des lycéens en 2001. J’ai préféré celui-ci aux Conspirateurs.

Le roman alterne le récit de la joueuse de go et de l’officier japonais. On ne saura leur nom qu’à la fin, quand plus rien d’autre n’aura de l’importance…

Deux personnes différentes, d’un autre monde mais qui se réunissent devant le jeu et où alors plus rien ne les sépare.

Récit initiatique pendant une période déterminante de la Mandchourie. Pour l'héroïne, tout ce qui compte est le jeu. Elle en oublie les événements. Mais le point de vue du soldat est là pour nous rappeler la réalité.

Une écriture simple, fluide et rapide.

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19 mars 2010

Dans la main de Bouddha, Chow Ching Lie

51CEDYYW4YL__BO2_204_203_200_PIsitb_sticker_arrow_click_TopRight_35__76_AA300_SH20_OU08_Dans la main de Bouddha est l'histoire d'une femme au destin exceptionnel. Après le succès mondial du Palanquin des larmes, Chow Ching Lie reprend son récit là où elle l'avait interrompu. Venue en France pour devenir pianiste, elle est déchirée entre sa passion pour la musique et le devoir d'assurer la survie de sa famille. Elle se battra avec une force de caractère hors du commun.
Dans cette saga qui relie cinq générations, entre misère et fortune, entre Orient et Occident, l'auteur porte un regard unique sur les soubresauts de la Chine d'hier et d'aujourd'hui. Elle raconte comment, de guerres en persécutions, les siens ont surmonté l'horreur et réappris l'espoir. Chaque chapitre déroule une galerie de portraits bigarrés dont les histoires croisées laissent une trace vibrante dans notre mémoire.
Au-delà des anecdotes et des légendes, des histoires d'amour et des drames, ce nouveau livre de Chow Ching Lie retrace sa conquête d'une sérénité lumineuse, qu'elle peut maintenant transmette à ses lecteurs.

Merci à Keisha et Kali qui ont fait une heureuse en m'annonçant qu'il y avait une suite.

J’ai moins aimé ce roman que le Palanquin des larmes. Celui-ci s’attache moins à la Chine que je prends plaisir à lire. Les traditions sont moins présentes. Les propos sont mis les uns après les autres sans réelles cohérences. C'est une énumération de faits. On lit comme si on lisait tout simplement sa biographie.

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02 mars 2010

La ville des voleurs, Benioff

arton16334David benioff raconte la vie de son grand-père, Lev, qui a vécu la seconde Guerre Mondiale en Russie.

Lev s'est fait prendre un soir par une patrouille alors qu'il dépouillait un Fritz. Au lieu d'être fusillé sur place, il est conduit en cellule où un autre gars attend aussi sa sentence. Kolya. Tous les deux vont échapper à la mort momentanément à condition qu'ils ramènent une douzaine d'
œoeufs en une semaine. Obtenir des œoeufs dans un Leningrad polaire en pleine période de restriction, de rationnement est une tâche périlleuse.

Kolya et Lev vont donc apprendre à se connaître en cherchant des oe
ufs et en déjouant les lignes ennemies.

La ville des voleurs est un roman d'aventure. Il nous donne une vision de la guerre côté Russe. Une douzaine d'oe
œufs qui paraît à nous une denrée facile à trouver est en fait un produit de luxe.


On va voir naître une amitié entre deux hommes différents mais aussi voir évoluer Lev, un gamin de 17 ans confronté à la réalité de la vie. En une semaine, il va devenir un homme.

Un roman passionnant et intelligent à dévorer d'une traite.

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20 février 2010

Princesse de l'ombre, Sundaresan

41VeJWlizHLMumtaz Mahal est adulée par son mari qui l'aime profondément. Mais quand elle meurt en donnant naissance à son quatorzième enfant, Shah Jahan, éperdu d'amour, fait construire en son honneur un monument de prière où sa tombe peut reposer: le Taj Mahal.

Jahanara sa fille ainée, va devenir la première femme de son harem essuyant les rumeurs d'inceste à leurs encontres. Shah Jahan voudrait laisser son royaume à l'un de ses fils. Commence alors messes basses et coups bas entre les deux fils ainés, Aurangzeb et  Dara, pour s'accaparer le trône.

Un beau roman historique dont je ne connaissais pas l'histoire. Je sais à présent ce que c'est le Taj Mahal: une des sept nouvelles merveilles du monde.

Indu Sundaresan  a fait preuve de recherches pour écrire son roman et a su rester objective sans adopter telle ou telle rumeur, supposition de l'histoire. Je lis très peu de roman se déroulant en Inde, il faut vraiment que je répare cela. Dès que j'aurais fini ma période asiatique je pense.


Merci à Silvana et Michel Lafon pour cette belle découverte.

taj_mahal

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10 septembre 2009

Jan Karski, Haennel

318DwFP1OXLQuatrième de couverture:

Varsovie, 1942. La Pologne est dévastée par les nazis et les Soviétiques. Jan Karski est un messager de la Résistance polonaise auprès du gouvernement en exil à Londres. Il rencontre deux hommes qui le font entrer clandestinement dans le ghetto, afin qu'il dise aux Alliés ce qu'il a vu, et qu'il les prévienne que les Juifs d'Europe sont en train d'être exterminés. Jan Karski traverse l'Europe en guerre, alerte les Anglais, et rencontre le président Roosevelt en Amérique. Trente-cinq ans plus tard, il raconte sa mission de l'époque dans Shoah, le grand film de Claude Lanzmann. Mais pourquoi les Alliés ont-ils laissé faire l'extermination des Juifs d'Europe ? Ce livre, avec les moyens du documentaire, puis de la fiction, raconte la vie de cet aventurier qui fut aussi un Juste.

Haenel écrit son roman sur la figure de la résistance de la 2nde GM qui est Jan Karski. Ce polonais a déjà publié son témoignage il y a quelques années. Je ne l’ai pas lu mais je présume que Haennel s’en est inspiré.

 

 

 

L’histoire correspond d’ailleurs à son livre. Je pense que j’aurais sans doute préféré l’autobiographie de Karski qui doit être plus personnelle. Le roman de Haennel ne prend pas vraiment parti. Il reste en surface, ne rentre pas en profondeur. Ça a été une lecture distante.

 

 

 

Résumé de Mon témoignage devant le monde de Karski :

 

 

 

Courrier de l'Armia Krajowa (L'Armée de l'Intérieur) de la résistance polonaise, Jan Karski (1914-2000) risque sa vie pour transmettre en novembre 1942 au gouvernement polonais en exil à Londres dirigé par le général Sikorski et aux organisations juives les informations les plus fiables sur l'extermination des Juifs sur le territoire de la Pologne occupée par les nazis. Ce Juste parmi les Nations plaide auprès des plus hautes autorités britanniques et américaines - il rencontre Franklin D. Roosevelt - en faveur d'une action destinée à arrêter la Shoah. En vain. Son " Témoignage devant le monde ", publié aux États-Unis à l'automne 1944, constitue également un passionnant récit de la vie des clandestins de la résistance nationale polonaise. Jan Karski décrit les caractères originaux de cette résistance tant civile que militaire, structurée en un véritable " État clandestin " avec son Parlement qui élabora un programme démocratique pour une Pologne indépendante. Cette nouvelle édition révisée du livre de Jan Karski rend hommage à cet " homme qui tenta d'arrêter l'Holocauste ".

 

 

 

 

 

Gallimard, septembre 2009, 186 p, 16.50 euros

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