Les yeux jaunes crocodiles, Pancol
Deux soeurs. La quarantaine. Iris, belle, très belle, riche, élégante, parisienne. Autrefois étudiante brillante, elle s'est mariée, et sa vie se résume en un tourbillon vain. Iris s'ennuie, rêve de devenir une autre. Joséphine est une littéraire, historienne spécialisée dans l'étude du XIIème siècle. Beaucoup moins belle, beaucoup moins à l'aise dans la vie. Mariée, elle a deux filles, vit en banlieue et se bat pour tenir debout. Un jour, à un dîner, Iris prétend qu'elle écrit. Entraînée par son mensonge, elle persuade sa soeur d'écrire un livre qu'elle signera, elle. Abandonnée par son mari, acculée par les dettes, Joséphine se soumet. Elle est habituée : depuis qu'elles sont enfants, Iris la magnifique la domine. Le destin de chaque soeur va basculer.
Ce livre, je le voyais partout, je ne savais pas de quoi il parlait, juste qu'il était très apprécié. Ni une ni deux me voilà entrain de lire. Ahhh que les personnages sont détestables. Qu'est ce que j'ai envie de leur donner des claques. Et pourtant qu'est ce qu'on s'attache à eux! 500 pages où l'on se régale. A moi la suite!
Tuer le père, Nothomb
Joe se fait mettre à la porte par sa mère à 15 ans parce que son nouveau copain est gêné par sa présence. Doué pour la magie, il va donc devenir l'élève de Normand un des meilleurs magicien du coin. Il va vivre avec lui et sa femme Christina. Il va tomber amoureux de cette dernière et attendre le moment propice pour vivre un trip avec elle.
J'avais arrêté de lire Nothomb car ses livres se suivaient et se ressemblaient. Et puis un détour par la bibliothèque, je me suis laissée tenter et puis au pire il se lit vite!
Mais quelle surprise de constater qu'il est bien différent de d'habitude. J'ai donc été contente alors que les fansde toujours ont été déçus. A ne rien comprendre! Pour une fois, ce n'est pas autobiographique, ça change. Après je ne dis pas que c'est le meilleur mais au moins je vois qu'elle peut faire quelque chose d'autre. La fin est particulière mais en même temps, je voyais pas une autre manière de finir!
Rose,Tatiana de Rosnay
Sous le Second Empire, le baron Haussman a l'idée de réorganiser tout Paris. Pour cela, il ordonne la destruction de centaines de maisons. Deux siècles plus tard, Paris est tel grâce à lui. On peut se promener sur le boulevard St Germain ou sur le boulevard Haussman. Mais à l'époque l'idée n'a pas plus aux habitants de la zone à détruire.
Rose Bazalet fait partie de ses personnes qui vont essayer de se battre jusqu'au bout. Elle fera tout pour essayer de sauver la maison familiale de feu son mari et les souvenirs qui y sont rattachés.
Le roman est écrit sous forme épistolaire. Rose écrit à son défunt mari pour lui décrire les récents événements qui ont eu lieu depuis sa mort. On peut donc lire les travaux du Préfet, sa vie de veuve auprès de ses amis qui l'a aidée à se reconstruire mais aussi des souvenirs sur sa mère, sa belle-mère, sa rencontre avec son mari mais aussi la perte tragique de son fils.
Une lecture qui se fait toute seule. Les pages se tournent et se dévorent. La fin arrive à toute allure en même temps que les ouvriers pour la démolition. La fin s'écrit en apothéose avec la destruction de la maison mais aussi avec la révélation d'un lourd secret qui fait partie intégrante du foyer.
Une idée originale qui est encore d'actualité. Oui la ligne LGV qui va passer sur beaucoup de maisons, de vies... Mais aussi un thème important celui du veuvage. Comment survivre sans la personne aimée, comment affronter les difficultées seul?
Encore un bon Rosnay, allez la suite!
Le temps passe et les billets ne suivent pas...
"Tu veux que je te montre? a redit mon traître.
Montrer quoi?
Comment pisser.
Et j'ai dit oui".
" Il trahissait depuis près de vingt ans. L'Irlande qu'il aimait tant, sa lutte, ses parents, ses enfants, ses camarades, ses amis, moi. Il nous avait trahis. Chaque matin. Chaque soir… "
Voici ce qui m'avait plus dans Mon traître de Sorj Chalandon: l'écriture si particulière. L'histoire vraie, froide et sérieuse oubliée par l'humour de l'auteur.
Dans Retour à Killybegs, je n'ai pas retrouvé ce que j'avais aimé dans mon Traitre. Peut être que j'aurais du attendre plus longtemps avant de le lire? Je l'ai trouvé sans intérêt. Mon traître se suffisait à lui-même. L'ordre chronologique de la narration m'a beaucoup embrouillé.
"Si je parle aujourd'hui, c'est parce que je suis le seul à pouvoir dire la vérité. Parce qu'après moi, j'espère le silence".
Ces deux livres m'ont donnés envie d'en savoir plus sur les événements en Irlande et m'ont remis en mémoire un film que j'avais au lycée: Bloody Sunday. A revoir certainement avec un autre esprit qu'à l'époque!
La délicatesse, David Foenkinos
Nathalie et François forment un couple qu'on pourrait qualifier de parfait: aucune dispute, aucun temps mort, de l'amour comme au premier jour. Mais François meurt renversé par une voiture. Nathalie va devoir réapprendre à vivre tout en supportant la pitié des gens, le harcelement de son patron et les médisances dans les couloirs. Elle ferme sa portes aux intrus, sauf un, Markus qui entre en délicatesse dans son monde.
« François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse…
- Je vais prendre un jus… Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie. Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité ».
Un roman vu très souvent sur les blogs et qui n'avait encore jamais réussi à attirer mon attention et puis je l'ai vu à la bibliothèque et ramené chez moi. Ce n'est pas un coup de coeur mais j'ai aimé l'originalité de ce roman: ses petites notes en pied de page, ses digressions, ... C'est d'ailleurs ces petites choses en plus et sans liens qui donnent du poids au roman. Après le sujet en lui même est assez plat et il est bien difficile d'apprécier les personnages.
Un film est adapté. S'il s'en tient juste à l'histoire sans y trouver ce petit grain du livre, je ne pense pas que je le verrais.
Un refrain sur les murs, Murielle Magellan
Cette mélodie, elle la connaissait. D'où venait qu'eue l'entendait de nouveau en moins de deux jours ? Avec cette façon similaire de décaler, de balancer les notes en dehors du temps, d'être fidèle puis de trahir... Rien en vue pourtant. Le hautbois devait s'extraire d'une rue transversale. D'ailleurs l'instrument s'était tu. Isabelle se demanda si elle avait rêvé, mais non. Les sons continuaient à résonner en elle, persistants. S'agissait-il du jeune homme à la tête étrange cette fois encore ? Celui au regard flatteur ? Ce serait un sacré hasard. Sous les dehors d'un conte de ta vie ordinaire, Murielle Magellan raconte l'étonnante renaissance, à trente ans d'intervalle, de deux femmes blessées : une mère et sa fille. Drôle, inventive, toujours bienveillante, Murielle Magellan a l'art de réenchanter la monotonie du quotidien au gré de petits miracles qu'elle fait surgir au coin de la rue.
Voici un roman vers lequel je ne me serais jamais dirigée. La couverture sombre, déprimante me faisait passer mon chemin. Et pourtant l'écriture vous plonge dans une histoire à deux voix et deux temps: la mère qui apprend à vivre, à se libérer le temps d'un été, et la fille qui recherche à être en paix avec elle-même et sa défunte mère.C'est un roman qui se consume, les pages se tournent aussi vite qu'un feu. On prend plaisir à pénétrer dans la vie si paisible? vide? insignifiante? vraie? d'Isabelle.
La fin par contre m'a dérangée. Elle est très rapide et j'aurais vraiment aimé qu'elle se termine différemment même si la proposition est intéressante.So what...
Merci à Adeline et aux éditions Julliard pour cette découverte.
Mon petit théâtre de Peau d'Ane, Desplechin/Othoniel
Jean-Michel Othoniel raconte sous la plume de Marie Desplechin comment il est devenu artiste.
Un texte beau et sensible, un conte biographique et initiatique, sur la naissance d’une vocation.
Marie Desplechin explique avec des mots simples et justes comment le petit Jean-Michel a très tôt découvert le monde créatif qu’il portait en lui. En grandissant, Jean-Michel a rencontré d’autres mondes que le sien, et en particulier celui du Petit Théâtre de Peau d’Âne que 150 ans auparavant Pierre Loti avait créé de ses mains...
Un livre superbement illustré de photographies des oeuvres et d’aquarelles originales de Jean-Michel Othoniel et de Pierre Loti… pour les enfants à partir de 9 ans et… pour les adultes aussi !
Rétrospective de l’oeuvre de Jean-Michel Othoniel au Centre Pompidou, du 2 mars au 23 mai 2011.
Voici un ouvrage très particulier qui devrait beaucoup plaire aux amoureux de Pierre Loti, de Peau d'äne et tant d'autres. Une oeuvre si particulière que ça en est difficile d'en parler. C'est un album, une autobiographie, une biographie, un catalogue d'expo etc. Mais cet album mêle avant tout poésie et art. La plume de Marie Desplechin navigue entre des dessins, des photographies de verrerie, de marionnettes, ou plus exactement des souvenirs de Jean-Michel Othoniel. Souvenirs d'une vie marquée par des auteurs, des peintres, ou un film comme Peau d'Ane.
Mon petit théâtre de Peau d'Âne est un livre objet. N'hésitez pas à le parcourir et à vous plonger vous aussi dans cet univers onirique.
"j'ai compris que l'inconnu que j'attendais dans mon enfance, c'était moi. Je suis l'adulte qui revient aujourd'hui chercher l'enfant d'autrefois, qui lui révèle qui il était, et de quelle matière réelle étaient constituées ses rêves".
Merci à Louise des Editions Courtes et Longues pour la découverte.
Les heures souterraines, Delphine de Vigan
Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l'attend plus.
Car depuis quelques mois, sans que rien n'ait été dit, sans raison objective, Mathilde n'a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu'elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.
Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l'attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l'immense solitude qu'elle abrite.
Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur.
Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit.
J'ai détesté ce roman. Les avis très positifs pour lui se comptent par dizaines pourtant. Mais le sujet ne m'a fait que me rappeler de mauvais souvenirs. Je ne pouvais que m'identifier à Mathilde et m'insurger contre cette injustice, contre tous ces cons de patrons mais aussi d'employés qui savent et qui ne font rien par lâcheté. Pour pas changer. Moi aussi j'ai été à la place de Mathilde où une simple phrase, un seul mot change tout parce qu'on apparait différent de l'image que les gens voulaient avoir, parce qu'on peut être une menace etc. J'ai fini ce roman parce que j'avais espérer que les choses changeraient mais c'est de pire en pire. Toutes les mathildes sont sans doute comme moi maintenant, elles ont peur de dire ou de faire quelque chose qui signera la fin...
L'histoire de Thibault est insignifiante, pas assez développé et beaucoup trop de répétition sur Lila. Le sujet aurait pu être mieux traité.
Spoiler: la fin m'a déçue, je pensais vraiment que les choses allaient se finir beaucoup mieux pour eux deux.
Jours sans faim, Delphine de Vigan
Laure a 19 ans, elle est anorexique. Hospitalisée au dernier
stade de la maladie, elle comprend peu à peu pourquoi elle en est arrivée là.
'Jours sans faim' raconte trois mois d'hôpital, trois mois pour rendre à la vie
ce corps vidé, trois mois pour capituler, pour guérir. La guérison de Laure, c'est aussi l'histoire de sa rencontre
avec le médecin qui la prend en charge, peut-être le seul qui soit capable
d'entendre sa souffrance, cette part d'enfance à laquelle elle
n'arrive pas à renoncer.
Touchant et juste. On espère qu'elle va guérir, qu'elle va s'en sortir. La plume de Delphine de Vigan est vraiment extraordinaire. Elle cite les noms des personnages assez tardivement et pourtant on n'a pas ressenti le besoin de les connaitre pour rentrer dans l'histoire et ressentir la détresse des personnes victimes de la maladie. Par contre, ça aurait pu être appréciable de connaitre les raisons qui l'ont poussées à être anorexique, car son histoire reste trop flou.
Les âmes grises, Claudel
Nous sommes en 1917 dans une petite ville de province. Toute la société
des notables est présente et tient son rôle. Le maire, le juge, le
procureur, le flic, le médecin… tous font rouler depuis des années
l’agréable train-train de la comédie sociale faite d’amicaux échanges.
C’est curieux, même la Grande Guerre ne semble pas avoir bousculé les
positions et les habitudes de chacun. Tout reste bien en place dans
l’immuable tranquillité de la bourgeoisie sûre d’elle-même. Pourtant
tout bascule lorsqu’une fillette de 10 ans est retrouvée morte dans
l’eau. La petite Belle-de-Jour, comme on l’appelle. Tous la connaissent,
elle servait au Rébillon, la seule brasserie restaurant du coin.
"Bien,
bien, bien…" reprend le juge, tout content d’avoir un meurtre, un vrai à
se mettre sous la dent, un meurtre d’enfant en plus, et de petite fille
pour couronner le tout. Dès lors, le soupçon gagne et rogne les âmes
grises de nos notables. En premier lieu le procureur qui habite au
château, juste à côté du lieu du meurtre…
Voilà une lecture bien soporifique! Je ne suis pas arrivée à m'attacher à cette histoire. J'ai eu du mal à comprendre qui était le narrateur, de quoi il parlait, qui était ce personnage et hop un nouveau apparaît alors que je n'ai pas fini avec celui d'avant. Tout ça m'a semblé bien emmêlé. Vu mon manque d'envie de lecture, j'avais envie d'autre chose que de jouer à devinettes.
Et dire que cette œuvre a eu plusieurs prix (Renaudot, Grand Prix d'Elle, Meilleur livre de l'année pour Lire) et que je suis passée à côté! Une lecture laborieuse, j'ai abandonné 50 pages avant la fin. Le courage me manquait.



