25 juillet 2010

Dimanche poétique #41

Demain, Desnos

Âgé de cent-mille ans, j'aurais encore la force
De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir: neuf est le matin, neuf est le soir.

 

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille
A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

 

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, l'or des chambres

Posté par esmeraldae à 06:00 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]


18 juillet 2010

Dimanche poétique #40

RonsardRonsard A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
  Qui ce matin avait déclose
  Sa robe de pourpre au soleil,
  A point perdu cette vesprée
  Les plis de sa robe pourprée,
  Et son teint au vôtre pareil.

 

Las ! voyez comme en peu d'espace,
  Mignonne, elle a dessus la place,
  Las, las ses beautés laissé choir !
  Ô vraiment marâtre Nature,
  Puisqu'une telle fleur ne dure
  Que du matin jusques au soir !

 

Donc, si vous me croyez, mignonne,
  Tandis que votre âge fleuronne
  En sa plus verte nouveauté,
  Cueillez, cueillez votre jeunesse :
  Comme à cette fleur, la vieillesse

 

Fera ternir votre beauté.

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, l'or des chambres

Posté par esmeraldae à 06:17 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
11 juillet 2010

Dimanche poétique #39

Sensation, Rimbaud

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

 

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien,
Mais l'amour infini me montera dans l'âme ;
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux- comme avec une femme.


D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, l'or des chambres

Posté par esmeraldae à 11:02 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
20 juin 2010

Dimanche poétique #38

Correspondances de Baudelaire


La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos, l'or des chambres

Posté par esmeraldae à 11:17 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0]
13 juin 2010

Dimanche poétique #37

Le hareng saur, Charles Cros

Il était un grand mur blanc - nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle - haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur - sec, sec, sec.

Il vient, tenant dans ses mains - sales, sales, sales,
Un marteau lourd, un grand clou - pointu, pointu, pointu,
Un peloton de ficelle - gros, gros, gros.

Alors il monte à l’échelle - haute, haute, haute,
Et plante le clou pointu - toc, toc, toc,
Tout en haut du grand mur blanc - nu, nu, nu.

Il laisse aller le marteau - qui tombe, qui tombe, qui tombe,
Attache au clou la ficelle - longue, longue, longue,
Et, au bout, le hareng saur - sec, sec, sec.

Il redescend de l’échelle - haute, haute, haute,
L’emporte avec le marteau - lourd, lourd, lourd,
Et puis, il s’en va ailleurs, - loin, loin, loin.

Et, depuis, le hareng saur - sec, sec, sec,
Au bout de cette ficelle - longue, longue, longue,
Très lentement se balance - toujours, toujours, toujours.

J’ai composé cette histoire, - simple, simple, simple,
Pour mettre en fureur les gens - graves, graves, graves,
Et amuser les enfants - petits, petits, petits

 

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos

Posté par esmeraldae à 06:00 - - Commentaires [4] - Rétroliens [0]


06 juin 2010

Dimanche poétique # 36

Je sais, Shym

Je sais que je ne suis pas toujours facile
Et je sais que je te rends la vie parfois difficile
Je sais que c’est dur c’est dur d’être toi
Mais je sais qu’avant c’était pas comme ça

 

[Refrain]
Hey hey qu’est ce qu’il y a
Vas-y crie un peu
Mais dis-moi
Mais qu’est ce que t’as à vouloir m'tuer les yeux
Serais-tu en train de perdre le nord
Crie de tout ton corps
Je sais je te rends fou
Mais ça te va plutôt bien hein hein

 

Je sais, que t’en as parfois par dessus la tête
Et je sais, que je pourrais des fois t’épargner peut-être
Je sais, que tu m’aimes, tu m’aimes comme ça
Je sais, que je te nuis Oh Baby!

 

[Refrain]

 

Mais dis-moi toi
Si loin, si fort cet homme que personne n'atteint
Ce coeur de pierre, ces bras de fer qui nous soulèvent d’une main
Qu’est-ce qu’il y a?
Mais qu’est-ce qu’il y a? Baby!
Qu’est-ce que t’as?
Mais qu’est-ce qu’il y a?

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos

Posté par esmeraldae à 06:00 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
23 mai 2010

Dimanche poétique #35

soleilBon dimanche au soleil


Au soleil, Jennifer


Au soleil
M'exposer un peu plus
Au soleil
Quand le coeur n'y est plus
Brûler ce que l'on adore
Et réchauffer son corps

Sous le plus beau ciel du monde, Sous le soleil

Ce s'rait le plus beau ciel du monde
Par coeur j't'apprendrai...
Sous le plus beau ciel du monde
Il n'y aurait plus d'baisers volés....
A quelques milles amarrés
Ce bateau de papier.....
Sous le plus beau ciel du monde
Qui devait un jour nous emporter.


Le lundi au soleil, Claude François


Le lundi au soleil
      C'est une chose qu'on n'aura jamais
      Chaque fois c'est pareil
      C'est quand on est derrière les carreaux
      Quand on travaille que le ciel est beau
      Qu'il doit faire beau sur les routes
      Le lundi au soleil

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos

Posté par esmeraldae à 06:00 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
16 mai 2010

Dimanche poétique #34

Je cherche ton regard,
Mais tu ne me vois pas
A peine une réaction
Quand je te murmure...
Salut.

Tu pourrais être mon âme soeur
-Deux esprits jumeaux
Ou peut-être pas.
Nous ne le saurons
Jamais.

Ma chère mère
Tu m'as portée dans ton ventre
Aujourd'hui, tu ne vois plus
Que ce que je porte sur moi.
On te demande de mes nouvelles,
Tu souris, tu hoches la tête.
Ne laisse pas les choses
Se terminer ainsi.

Portez moi
A la verticale du ciel et
Découvrez-moi
Ne me voyez pas seulement avec vos yeux
Otez
Ce masque d'os et de chair et
Voyez moi
A travers mon âme

Solitaire

Poème tiré de Treize raisons de J.Asher

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos

Posté par esmeraldae à 06:00 - - Commentaires [5] - Rétroliens [0]
09 mai 2010

Dimanche poétique #33

La maison d'Hélène de René Guy Cadou

II a suffi du liseron du lierre
Pour que soit la maison d'Hélène sur la terre
Les blés montent plus haut dans la glaise du toit
Un arbre vient brouter les vitres et l'on voit
Des agneaux étendus calmement sur les marches
Comme s'ils attendaient l'ouverture de l'arche
Une lampe éparpille au loin son mimosa
Très tard les grands chemins passent sous la fenêtre
II y a tant d'amis qu'on ne sait plus où mettre
Le pain frais le soleil et les bouquets de fleurs
Le sang comme un pic-vert frappe longtemps les coeurs
Ramiers faites parler la maison buissonnière
Enneigez ses rameaux froments de la lumière
Que l'amour soit donné aux bêtes qui ont froid
À ceux qui n'ont connu que la douceur des pierres
Sous la porte d'entrée s'engouffre le bon vent
On entend gazouiller les fleurs du paravent
Le coeur de la forêt qui roule sous la table
Et l'horloge qui bat comme une main d'enfant
Je vivrai là parmi les roses du village
Avec les chiens bergers pareils à mon visage
Avec tous les sarments rejetés sur mon front
Et la belle écolière au pied du paysage.

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos

Posté par esmeraldae à 06:00 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]
02 mai 2010

Dimanche poétique #32

L'obélisque de Luxor, Théophile Gautier

 

Je veille, unique sentinelle
            De ce grand palais dévasté,
            Dans la solitude éternelle,
            En face de l'immensité.
            
            A l'horizon que rien ne borne,
            Stérile, muet, infini,
            Le désert sous le soleil morne,
            Déroule son linceul jauni.
            
            Au-dessus de la terre nue,
            Le ciel, autre désert d'azur,
            Où jamais ne flotte une nue,
            S'étale implacablement pur.
            
            Le Nil, dont l'eau morte s'étame
            D'une pellicule de plomb,
            Luit, ridé par l'hippopotame,
            Sous un jour mat tombant d'aplomb ;
            
            Et les crocodiles rapaces,
            Sur le sable en feu des îlots,
            Demi-cuits dans leurs carapaces,
            Se pâment avec des sanglots.
            
            Immobile sur son pied grêle,
            L'ibis, le bec dans son jabot,
            Déchiffre au bout de quelque stèle
            Le cartouche sacré de Thot.
            
            L'hyène rit, le chacal miaule,
            Et, traçant des cercles dans l'air,
            L'épervier affamé piaule,
            Noire virgule du ciel clair.
            
            Mais ces bruits de la solitude
            Sont couverts par le bâillement
            Des sphinx, lassés de l'attitude
            Qu'ils gardent immuablement.
            
            Produit des blancs reflets du sable
            Et du soleil toujours brillant,
            Nul ennui ne t'est comparable,
            Spleen lumineux de l'Orient !
            
            C'est toi qui faisais crier : Grâce !
            A la satiété des rois
            Tombant vaincus sur leur terrasse,
            Et tu m'écrases de ton poids.
            
            Ici jamais le vent n'essuie
            Une larme à l'oeil sec des cieux.
            Et le temps fatigué s'appuie
            Sur les palais silencieux.
            
            Pas un accident ne dérange
            La face de l'éternité ;
            L'Egypte, en ce monde où tout change,
            Trône sur l'immobilité.
            
            Pour compagnons et pour amies,
            Quand l'ennui me prend par accès,
            J'ai les fellahs et les momies
            Contemporaines de Rhamsès ;
            
            Je regarde un pilier qui penche,
            Un vieux colosse sans profil
            Et les canges à voile blanche
            Montant ou descendant le Nil.
            
            Que je voudrais comme mon frère,
            Dans ce grand Paris transporté,
            Auprès de lui, pour me distraire,
            Sur une place être planté !
            
            Là-bas, il voit à ses sculptures
            S'arrêter un peuple vivant,
            Hiératiques écritures,
            Que l'idée épelle en rêvant.
            
            Les fontaines juxtaposées
            Sur la poudre de son granit
            Jettent leurs brumes irisées ;
            Il est vermeil, il rajeunit !
            
            Des veines roses de Syène
            Comme moi cependant il sort,
            Mais je reste à ma place ancienne :
            Il est vivant et je suis mort !

D'autres poèmes chez Celsmoon, Edelwe, Mango, Lepetitmouton, Abeille, Emmyne, Paradoxale, Chrestomanci, Mariel, Laurence, Ankya, Herisson08, Anjelica, Schneeweiss, George, Uhbnji, Fleur, Armande, Restling, Satya, Violette, Zik, Lystig, Amos

Posté par esmeraldae à 06:00 - - Commentaires [3] - Rétroliens [0]


  1  2  3  4  5