41D9mP1927LChaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu'au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l'attend plus.

Car depuis quelques mois, sans que rien n'ait été dit, sans raison objective, Mathilde n'a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont elle ne parle pas, qu'elle cache à ses amis, à sa famille, ces heures dont elle a honte.


Thibault travaille pour les Urgences Médicales de Paris. Chaque jour, il monte dans sa voiture, se rend aux adresses que le standard lui indique. Dans cette ville qui ne lui épargne rien, il est coincé dans un embouteillage, attend derrière un camion, cherche une place. Ici ou là, chaque jour, des gens l'attendent qui parfois ne verront que lui. Thibault connaît mieux que quiconque les petites maladies et les grands désastres, la vitesse de la ville et l'immense solitude qu'elle abrite.


Mathilde et Thibault ne se connaissent pas. Ils ne sont que deux silhouettes parmi des millions. Deux silhouettes qui pourraient se rencontrer, se percuter, ou seulement se croiser. Un jour de mai. Autour d'eux, la ville se presse, se tend, jamais ne s'arrête. Autour d'eux s'agite un monde privé de douceur.
Les heures souterraines est un roman sur la violence silencieuse. Au coeur d'une ville sans cesse en mouvement, multipliée, où l'on risque de se perdre sans aucun bruit.

 

J'ai détesté ce roman. Les avis très positifs pour lui se comptent par dizaines pourtant. Mais le sujet ne m'a fait que me rappeler de mauvais souvenirs. Je ne pouvais que m'identifier à Mathilde et m'insurger contre cette injustice, contre tous ces cons de patrons mais aussi d'employés qui savent et qui ne font rien par lâcheté. Pour pas changer. Moi aussi j'ai été à la place de Mathilde où une simple phrase, un seul mot change tout parce qu'on apparait différent de l'image que les gens voulaient avoir, parce qu'on peut être une menace etc. J'ai fini ce roman parce que j'avais espérer que les choses changeraient mais c'est de pire en pire. Toutes les mathildes sont sans doute comme moi maintenant, elles ont peur de dire ou de faire quelque chose qui signera la fin...

L'histoire de Thibault est insignifiante, pas assez développé et beaucoup trop de répétition sur Lila. Le sujet aurait pu être mieux traité.

Spoiler: la fin m'a déçue, je pensais vraiment que les choses allaient se finir beaucoup mieux pour eux deux.