Peter Fogtdal est un auteur danois que j’ai découvert en décembre lors d’une dédicace qu’il était venu faire dans la librairie où je travaillais. Auteur inconnu encore quelques jours avant sa visite, je me suis donc attaquée à ses romans que j’ai lus d’une traite. Je les ai adorés !

Le front chantilly et le rêveur de Palestine se déroulent pendant la seconde guerre mondiale. Les deux livres peuvent très bien se lire indépendamment mais ensemble c’est plus intéressant. C’est l’histoire d’un juif et d’un soldat SS qui se prennent d’amitié. Chaque livre raconte donc le point de vue d’un des protagonistes.

 

Le rêveur de Palestine :

41YBZPH51GLLe rêveur de Palestine est inspiré de la vie de son grand- père David Huda.

David Huda a 5 ans lorsque son père le fait embarquer seul à Haïfa sur un bateau en partance pour l'Angleterre. Du moins, David croit-il, se souvenir qu'il avait 5 ans lorsqu'il fut arraché à son père arabe et sa mère juive, arraché à la Palestine. Car il ne connaîtra jamais sa date de naissance exacte. Ce n'est pas en Angleterre mais au Danemark qu'il sera recueilli par un missionnaire puis adopté par une famille chrétienne très pieuse. David ne cessera toute son existence de rêver de la Palestine; il partira y traquer la vérité sur ce déracinement originel. Ni Palestinien ni Danois, ni juif ni chrétien, et tout cela à la fois, David Huda traversa un tumultueux XXe siècle, de la Copenhague des années 20 à la Palestine des années 70, en passant par la Résistance danoise. Au soir de sa vie, il fait à son petit-fils le récit de son parcours, émaillé d'anecdotes, tantôt drôles, tantôt tragiques. Pour qu'il ne soit pas à son tour un éternel, exilé. Au travers de destins individuels aux lâchetés ordinaires ou à la générosité hors du commun, Le rêveur de Palestine a le souffle épique des grandes sagas.

 

Le front chantilly :

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En 1943, l'officier S.S. Andreas Spiess est en poste sur le " front chantilly ", un front qui n'en est pas un - bien que la population soit hostile - mais plutôt un vaste grenier, la réserve alimentaire du IIIe Reich. Andreas Spiess tue le temps et, souvent au mépris de la discipline, s'efforce d'adoucir les conditions de vie de ses hommes. Certains prétendent qu'il est allé sur le front de l'Est. Andreas ne se souvient pas. Il rencontre un jour dans une librairie un homme cultivé avec lequel il engage la conversation : David Huda est juif. Une dangereuse amitié naît entre les deux hommes. En proie à de terrifiantes crises d'angoisse, Andreas cherche refuge dans l'écriture. Et peu à peu la mémoire lui revient. Son enfance en Autriche, son premier amour, le hasard qui lui fait rencontrer Philip en Allemagne, puis ses relations avec les nazis. Sur le front chantilly, Andreas Spiess est un homme ordinaire qui se laisse porter par le cours des choses, sans véritable conviction. Comme il l'a fait toute sa vie. Se retrouvant confronté au pire. S'inspirant d'une histoire vraie, Peter H. Fogtdal apporte un éclairage à la fois sur l'Histoire, la propagande et les parcours individuels. Le front chantilly est un roman captivant, profondément humain.

 

J’ai bien aimé ces romans pour la confrontation de deux points de vue pendant la guerre, comment était vu la guerre par un nazi et par un juif. Et surtout bien que deux personnes qui sont censés se détester peuvent s’apprécier. Beaux romans d’amitié. Le sujet sur la seconde guerre mondiale est traité de manière différente et originale.

 

Le front chantilly a reçu le prix de la francophonie en 2005.

 

Vous pouvez lire l’article que Peter H. Fogtdal a posté sur son blog suite à notre rencontre ICI

 

Le rêveur de Palestine, Gaïa, novembre 2006, 541 p, 24 euros

Le front chantilly, Gaïa, septembre 2004, 406p, 23 euros